Autour de l’oisiveté (Projections #12)

La Revue Projections est très heureuse d’enfin vous annoncer la parution de son numéro 12 – Autour de l’oisiveté. La gestation puis l’accouchement de ce numéro ne se sont pas faits sans mal, mais, qu’à cela ne tienne, nous fêterons quand même l’événement ! Vous êtes conviés, pour ce faire, à nous rejoindre le vendredi 23 février 2018, dès 18h, au Vecteur, à Charleroi. La soirée se prolongera ensuite avec la projection de Graphic Means (Briar Levit, 2017), qui marquera l’ouverture de la deuxième édition du festival Papier Carbone. Une soirée de lancement sera également bientôt organisée à Bruxelles. Ci-dessus : 4ème étage, de Joseph charroy : Ci-dessous : Emploi du temps, de Béatrice Bailet.

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Histoire, géographie, photographie

John Ryan Brubaker partage son temps entre Bruxelles (Greylight Project) et Thomas (West Virginia) où il a trouvé un port d’attache. Alors qu’à Bruxelles il pratique l’art de se perdre avec élégance et humour, aux Etats-Unis c’est un procédé photographique ancien qu’il expérimente : le tirage Van Dyke, à la tonalité brune, apparemment proche du calotype. Les épreuves photographiques de la série On Confluence sont très intéressantes car elles sont exposées sur les bords de la rivière Blackwater et développées dans ses eaux rendues acides par le drainage d’un ancien site minier. Figuratives ou abstraites, parfois réalisées par simple contact du papier photosensible avec le paysage, les images de Brubaker sont imprégnées de l’histoire et de la géographie du lieu où il travaille. L’article paru récemment sur Lenscratch donne un aperçu très complet de sa recherche.

Le site de John Ryan Brubaker : jrbrubaker.com

Photo : John Ryan Brubaker, On Confluence.

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La chambre du jeune homme

L’exposition a fermé ses portes hier à l’Etablissement d’en face. Il reste un très beau petit livre pour apprécier ces images réalisées par Thomas Ruff, dans les années 70, au cours de ses études à la Kunstakademie de Düsseldorf. Ce sont de fines observations de l’univers petit-bourgeois qui lui est alors familier. Des intérieurs décorés et rangés comme il faut; une typologie d’oreillers, de couettes et de coussins confortablement agencés; des natures mortes aux accents de vanités. Mais aussi beaucoup d’images dans les images : des miroirs qui renvoient un hors-champs, une couleur qui complète le tableau ou un peu de cette lumière naturelle qui éclaire la scène; des portraits de famille (dont ceux de Thomas entouré de ses deux soeurs), paysages, images pieuses et reproductions de peintures (dont un incontournable bouquet de tournesols d’un peintre néerlandais bien connu). Ici et là, une horloge dont le tic-tac est sans doute le seul son évoqué dans cette série d’intérieurs. La chambre du jeune homme (ci-dessus) présente un léger désordre dans les draps et, comme un point final, l’image de ce meuble de cuisine (ci-dessous) ne laisse plus apparaître aucune présence de vie.

Thomas Ruff, Interiors, à l’Etablissement d’en face jusqu’au 20 août.

Le livre « Thomas Ruff : Interieurs » est au catalogue des éditions Walther König.

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Au musée absent

Le musée absent, au Wiels (Bruxelles) jusqu’au 13 août 2017.

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De la mécanique dans l’art

J’ai croisé la route de Vasilis Papageorgiou (Grèce, 1991) en réalisant des vues de son exposition « All eyes on me » à l’espace Le Clovis XV à Bruxelles (commissaire : or nothing). Son travail associe photographies couleur, vidéos, ready-made, sculptures (souvent lumineuses) et dessins à l’encre de chine. Vasilis fait entrer dans l’espace d’exposition un univers propre aux amateurs d’engins motorisés. Ses oeuvres évoquent la rotation et le mouvement sur des scooters ou à bord de voitures plus ou moins sportives, des rituels un peu secrets pratiqués dans le théâtre urbain.

Au Nord comme au Sud de l’Europe, les pilotes se retrouvent dans des lieux isolés et désertiques sur lesquels la nuit est tombée. Ils s’adonnent à des expériences qui relèvent de l’acrobatie, de la performance ou de la chorégraphie spontanée. Sur une route enneigée, Vasilis filme à la dérobée un mystérieux ballet d’automobiles qui vont et viennent, dérapent, évitent une bordure ou un poteau, s’arrêtent, font marche arrière et repartent. C’est comme un rituel silencieux, réservé à quelques initiés, à l’écart de la ville endormie, à l’abri des regards. Ailleurs, Vasilis photographie des héros anonymes, en casque ou en capuche, qui chevauchent des petites cylindrées et font du wheeling sur un parking vide. Ici la proximité est plus grande, une complicité s’est installée, sans doute nourrie par l’envie de montrer de quoi on est capable, dompter la machine comme au rodéo la bête, faire mieux et plus fort que les autres.

Au-delà de la performance, Vasilis souligne ce qui donne corps à l’univers mécanique qu’il aborde. Il présente dans l’espace d’exposition l’enveloppe de la machine, ses attributs (selle, phares, pare choc,…), son identité (marques et logos). Reproduits à l’encre de chine, comme calligraphiés, les logos de marques bien connues sont à nouveau les signes énigmatiques d’un langage à décoder. L’ensemble révèle un univers à part, avec ses codes, ses pratiques et ses héros qui cherchent à s’affranchir de la réalité quotidienne.

Voici le texte de présentation de l’exposition Bruxelloise :

It’s all about the way we move. Spinning and burning our wheels, we do the same gestures, in a common effort, again and again. In the dark and cold nights, this is our own language: we dance with the machines.

Quelques semaines plus tard à Athènes, je rencontre Vasilis à l’espace Enterprise Projects qu’il a co-créé en 2015 avec Danai Giannoglou. C’est à la fois un atelier, un espace d’expérimentation et d’exposition logé dans un ancien parking, au sous-sol d’un de ces immeubles de béton que l’on voit partout à Athènes et dans ses vastes banlieues. Ce soir-là, l’exposition collective s’intitule « Car Service II » et l’on retrouve le travail de Vasilis entouré des propositions de Sarah Abu Abdallah, Neil Beloufa, Superflex, Irini Miga, Dimitris Zampopoulos. L’univers abordé est similaire à celui de Bruxelles et le propos, plus critique et tranchant, se concentre sur la voiture : objet de désir et de liberté qui envahit nos imaginaires, partenaire de notre quotidien, présent en chaque temps de la vie jusque dans ses crises les plus profondes (où il sera souvent le premier à partir en feu).

Le texte de présentation ne manque pas d’ironie. En voici un extrait :

Does the car owner gradually start looking like the car itself? Does the car start to slowly look like its owner? Underneath the foot, the accelerator, my toes spread like ivy. Is there equality in the car cemetry? Is the car an aged sex symbol? A car is the promise that all of your desires will come true. Does the driver need to be beautiful? The children know that cars can talk.

Les oeuvres présentées et l’ancien parking de l’Enterprise Projects entrent en parfaite résonance. Dans la cour arrière encadrée des austères façades des immeubles voisins, les conversations sont un peu étouffées par l’obscurité et l’on pense, avec un léger sourire, au futur musée d’art contemporain bruxellois qui trouvera sa place dans un ancien garage Citroën.

Le site de Vasilis Papageorgiou : vasilispapageorgiou.com

Le site de l’espace Enterprise Projects : enterprise-projects.com

Photos : All eyes on me, Vasilis Papageorgiou, Bruxelles, 2017.

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Athènes, Documenta 14

Documenta 14, Athènes. Installation des toiles de Vivian Suter à quelques pas de l’exposition des collages de sa mère, l’artiste Elisabeth Wild, et de l’église Aghios Dimitrios sur la colline boisée de Philopappos.

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Thu Van Tran, Marguerite Duras, la mer

Photogramme, Thu Van Tran.

Belle visite à Art on Paper (Bozar) ce week-end, où la formule « une galerie/un(e) artiste » permet de s’attarder davantage sur les oeuvres exposées et de prévenir le sentiment de saturation qui guette le visiteur de ce type d’évènement. Un faible pour les images proches de la photographie expérimentale de Thu Van Tran (Vietnam, 1979), souvent élaborées au départ de photogrammes, et sa référence pleine d’émotion à l’objet livre ainsi qu’aux écrits de Marguerite Duras (née en Indochine en 1914). Le portrait de Duras jeune, presque recouvert d’une vague de bleu de méthylène est magnifique. J’ai pensé à Marguerite Duras regardant la mer à Trouville (dans les archives de l’INA).

Art on Paper (Bozar), du 8 au 11 septembre 2016. 8 euros.

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Ne dites pas que je ne l’ai pas dit

Zone à défendre, Bruno Serralongue.

Deux propositions contrastées de la galerie Baronian :

  • L’une historique avec un retour notamment sur le « Musée d’Art Moderne, Département des Aigles » de l’artiste plasticien belge Marcel Broothaers (Belgique, 1924-1976). Une proposition qui s’accorde bien avec la thématique qui animait ce week-end de rentrée des galeries à Bruxelles, « The Dispersed Museum ». Une thématique pleine de potentiel compte tenu de la situation muséale bruxelloise : musée d’art moderne (fermé), musée d’art contemporain (inexistant), musée de la photographie (…).
broothaers

« Le Perroquet. Ne le dites pas que je ne l’ai pas dit. » Marcel Broothaers (1974).

  • L’autre documentaire et actuelle, « Zone à défendre » de Bruno Serralongue. Bref ensemble de photographies (6 en tout) qui reflète les dynamiques collectives qui se réinventent dans les ZAD, notamment à Notre-Dame-des-Landes (où les images ont été réalisées). Une série visuellement interpellante (je pense en particulier aux structures qui abritent les assemblées de zadistes) mais qui n’en dit pas long, qui se tient à distance et embaume le propos dans de luxueuses boîtes de verre acrylique.

Marcel Broothaers & Bruno Serralongue. Galerie Baronian, jusqu’au 5 novembre 2016. Entrée libre.

 

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Corpus

Approche critique de la peinture, états du corps et de l’espace, appel subtil à la couleur, la photographie et la vidéo : extraits du touchant et conséquent « Corpus » d’Helena Almeida (Lisbonne, 1934), des années 1960 à nos jours.

Helena Almeida, « Corpus ». Wiels, jusqu’au 11 décembre 2016. 10 euros.

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D’un lieu à l’autre (Projections #11)

Revue Projections #11 « D’un lieu à l’autre. A propos de migrations » : des interviews de François Gemenne et François De Smet, les contributions photo d’Hélène Amouzou et Oriane van den Broeck, et une floppée d’articles saisissant la question sous des angles variés, mais à bras-le-corps.

La revue est disponible chez les nombreux libraires qui nous soutiennent : Air Libre, Ptyx, Joli Mai, Tropismes, Tulitu, Wiels,… 8 euros.

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